Le portage salarial séduit de plus en plus de consultants en France, dans un secteur qui pesait déjà environ 2,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024. Mais avant de signer une convention, une question s’impose : à quel tarif facturer ses prestations ? Le Taux Journalier Moyen, ou TJM, est bien plus qu’un simple prix affiché. C’est la variable qui conditionne l’ensemble de la rémunération, des droits sociaux jusqu’aux possibilités d’optimisation.
La logique inversée du TJM : partir du salaire cible
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, on ne fixe pas un TJM au hasard pour voir ce qu’il en reste. La bonne démarche consiste à remonter depuis le salaire net souhaité. Pour comprendre la mécanique complète, un guide dédié au calcul TJM portage détaille chacune des étapes avec précision.
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En pratique, le chemin est le suivant : le salaire net cible est converti en brut (coefficient d’environ 1,27 pour les cotisations salariales), puis en masse salariale (×1,42 pour les charges patronales), avant d’être divisé par le taux résiduel après frais de gestion de la société de portage, généralement entre 6 et 8 % du chiffre d’affaires HT. Le résultat est ensuite divisé par le nombre de jours facturables réels du mois, soit 15 à 18 jours, jamais 22.
Exemple concret : pour viser 5 000 € nets par mois, il faut facturer environ 533 € HT par jour sur une base de 18 jours facturables. Avec des optimisations (frais professionnels, Plan d’Épargne Entreprise), ce seuil peut descendre autour de 496 € HT, soit une économie de près de 8 000 € de chiffre d’affaires annuel à revenus équivalents.
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Pour situer ces chiffres dans le marché, les TJM observés en France varient de 300-500 € pour un profil junior, à 650-1 000 € pour un senior confirmé, voire 1 000-2 000 € pour des experts en conseil stratégique ou cybersécurité. Les tarifs parisiens dépassent généralement de 20 à 30 % ceux pratiqués en région.
Les erreurs qui coûtent cher sur la durée
La plus fréquente : raisonner sur 22 jours facturables par mois. Une fois déduits les week-ends, congés payés, jours fériés et périodes d’intermission, la réalité tourne autour de 180 à 220 jours par an. Surestimer ce chiffre conduit mécaniquement à une sous-rémunération chronique.
Autre réflexe à éviter : copier le TJM d’un confrère. Deux consultants au même tarif peuvent afficher des salaires nets très différents selon leur structure de charges, leur société de portage et les optimisations activées. Il faut aussi vérifier les frais de gestion dans leur globalité : certains contrats affichent 5 % mais ajoutent des frais d’émission de bulletin, des frais sur frais professionnels, ou des frais d’entrée non mentionnés en première lecture.
Enfin, le TJM n’est pas une valeur figée. Une revalorisation annuelle de 5 à 10 % est recommandée pour maintenir son pouvoir d’achat et rester compétitif, dans un secteur où la rémunération brute horaire moyenne a progressé de 12 % en un an selon le rapport de branche 2025. Pour en savoir plus sur les enjeux liés au travail indépendant et au portage, d’autres ressources pratiques sont disponibles sur ce site.
Bien calculer son TJM, c’est finalement construire une trajectoire professionnelle viable, pas seulement décrocher une première mission. La formule est accessible à tous, à condition de l’appliquer avec les bons paramètres.

