
Un numéro SIRET ne garantit rien. Des sociétés, parfois créées en quelques clics, obtiennent un sésame administratif sans véritable contrôle sur leur activité. Les signalements d’arnaques montent en flèche, année après année, malgré des dispositifs censés filtrer les fraudeurs.
Certains réseaux organisés n’hésitent plus à détourner les informations d’entreprises bien réelles pour brouiller les pistes et tromper leurs victimes. Les méthodes se perfectionnent, l’identification de ces sociétés douteuses devient un défi permanent.
Plan de l'article
Pourquoi les compagnies frauduleuses sont de plus en plus présentes aujourd’hui
Le terrain d’action des fraudeurs s’étend chaque jour, rendu possible par la dématérialisation des démarches et la multiplication des échanges en ligne. Les informations circulent à une vitesse inédite. L’usurpation d’identité n’a jamais été aussi simple : adresse, logo, numéro SIRET… tout se copie ou s’imite en quelques clics. Les sociétés, sollicitées de toutes parts, partagent souvent leurs données sans mesurer tous les risques associés.
De leur côté, les cybercriminels tirent profit de vérifications à distance parfois bâclées. Monter une entreprise fantôme ne prend guère plus que quelques minutes : sur le papier, le montage est crédible, le décor semble légitime. Les contrôles se révèlent parfois inefficaces. Beaucoup d’escrocs vont jusqu’à reprendre les codes visuels de sociétés reconnues, modifient subtilement adresses ou logos, et établissent des partenariats fictifs pour brouiller les pistes.
Parmi les ruses les plus répandues, on retrouve :
- Phishing et arnaques diverses visant aussi bien les grandes structures que les petites entreprises ou indépendants.
- Sites frauduleux si convaincants qu’ils piègent des professionnels aguerris, même si certains indices persistent : absence de cadenas dans la barre d’adresse, tarifs anormalement attractifs, fautes de frappe, logo mal détouré, images floues.
- Effet d’amplification sur les réseaux sociaux, où les fausses offres et les profils usurpés circulent en masse.
Les signalements ne cessent d’augmenter. Le risque ne concerne plus seulement le service informatique ou la direction financière : chaque salarié, à son poste, peut désormais être la cible et doit garder les yeux ouverts.
Reconnaître une arnaque : les signaux d’alerte à ne pas ignorer
Un courriel au ton angoissant, un interlocuteur insistant, un logo un peu bancal : la plupart des arnaques se cachent dans les détails. Le phishing, sous toutes ses formes, mise justement sur l’imitation parfaite. Pour tromper la vigilance, tous les artifices passent : demande urgente, URL à peine modifiée, adresse e-mail inhabituelle.
La fraude au président et le faux RIB font aussi partie des arnaques redoutablement efficaces. Un soi-disant dirigeant presse pour un virement immédiat, ou un faux fournisseur annonce un changement de compte bancaire. Les escrocs savent varier les scénarios : ils peuvent se présenter comme conseiller bancaire attentionné, futur client très pressé, ou gestionnaire à la traque d’un trop-perçu fantôme. La riposte, c’est la vérification, systématique et sans exception, de chaque contact et chaque document.
Pour se prémunir, certains réflexes doivent devenir des automatismes :
- Consulter le registre national des sociétés avant de s’engager avec une nouvelle entreprise.
- Inspecter le nom de domaine d’un site, vérifier qu’il comporte un cadenas de sécurité.
- Entrer l’adresse postale dans un moteur de recherche ou contrôler le numéro de téléphone sur un annuaire public. Vérifier la réputation de l’email utilisé pour les échanges.
Sur les réseaux sociaux, absence d’activité ou avis clients incohérents ne sont pas à négliger. Même topo pour les sites web sans mentions légales ou mal rédigés : la méfiance s’impose dès que l’un de ces indices fait surface. Prises une à une, ces anomalies pourraient paraître anodines, mais leur accumulation parle d’elle-même.
Quels sont les types d’escroqueries les plus courants et comment s’en prémunir ?
Les stratagèmes changent, mais les ficelles restent proches. Certaines escroqueries s’avèrent très sophistiquées, d’autres sont exécutées à grande échelle. Le phishing frappe particuliers comme professionnels : faux emails bancaires, SMS prétendant venir d’administrations, messages fallacieux récoltant identifiants ou coordonnées bancaires. Le moindre relâchement peut suffire à tomber dans le piège.
La fraude au président frappe tout type d’entreprise : un escroc se fait passer pour un dirigeant et, sous couvert de confidentialité, demande à un collaborateur d’effectuer un virement en urgence. Pareil pour le faux RIB : un fournisseur prétend changer de coordonnées bancaires, mais joint des données falsifiées. Le bon réflexe ? Valider chaque modification auprès de l’interlocuteur habituel, par téléphone ou message séparé.
Côté particuliers, les faux sites de e-commerce restent à l’affût. Mentions légales absentes, prix dérisoires, cadenas de sécurité manquant… Les signaux clairs ne manquent pas. L’usurpation d’identité prolifère, aidée bien souvent par des mots de passe trop faibles ou une vigilance en berne sur les réseaux sociaux.
Voici les mesures à adopter pour réduire son exposition :
- Activer la double authentification partout où cela est proposé.
- Créer des mots de passe complexes, uniques pour chaque service utilisé.
- Éviter de passer des commandes ou d’accéder à des services sensibles via des réseaux publics ; privilégier toujours un réseau privé sécurisé.
- Vérifier l’existence des sociétés via les registres adaptés ou des outils tiers dignes de confiance.
- Prendre en considération une assurance anti-fraude pour limiter les pertes en cas de problème.
Mieux vaut apprendre à se méfier au quotidien, sensibiliser collaborateurs et proches, multiplier les procédures de vérification. La routine, ici, protège efficacement des mauvaises surprises.
Conseils pratiques pour réagir efficacement face à une suspicion de fraude
Dès le moindre doute, il vaut mieux compiler toutes les preuves : emails louches, messages reçus, factures suspectes. Effectuer des captures d’écran permet de documenter rapidement la situation, un allié précieux pour la suite des démarches.
Si vous vous rendez compte qu’un paiement frauduleux a eu lieu ou que vos informations bancaires ont été communiquées, il faut agir en urgence auprès de votre banque. Une réaction rapide limite parfois la portée du dommage. Prévenez aussi les personnes concernées autour de vous : ensemble, on coupe court à la propagation.
Des outils sont à disposition pour signaler une tentative de fraude, alerter sur une escroquerie ou obtenir un accompagnement. Pour les courriers électroniques non sollicités ou sites suspects, des plateformes spécialisées collectent les signalements, tandis que d’autres accompagnent précisément les personnes souhaitant déposer plainte pour fraude. Certaines administrations disposent d’équipes expertes en cybersécurité ou en lutte contre la fraude en ligne. Toutes ces ressources participent à endiguer ce fléau, à condition de les solliciter sans hésiter.
Pensez également à accomplir quelques démarches prioritaires :
- Aller déposer plainte auprès des autorités compétentes, police ou gendarmerie, afin d’aider à l’enquête et protéger ses droits.
- Se renseigner sur les démarches à engager auprès des structures officielles lorsque vous avez été victime, chaque cas précis pouvant réclamer une procédure particulière.
Le partage d’alertes et l’organisation de formations ou de points d’attention au sein d’une équipe réduisent fortement les répétitions. Quand chaque personne sait repérer les signaux faibles, la vigilance devient alors un réflexe naturel, ancré dans la culture de l’entreprise, pas un dispositif oublié entre deux emails.
La fraude s’adapte sans cesse et la parade collective doit suivre, sans faiblir. Le jour où la vigilance devient une seconde nature, les fraudeurs reculent. À chacun d’installer ce réflexe pour couper court à leurs tentatives.































