Depuis le 1er avril 2025, un décret a revu à la baisse le plafond de calcul des indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS) : il passe de 1,8 à 1,4 fois le SMIC mensuel, soit un plafond effectif de 41,95 euros bruts par jour en 2026. Pour les consultants en portage salarial, dont 83 % sont des cadres ou des professions intellectuelles supérieures, cette réforme change concrètement le calcul en cas d’arrêt maladie. Savoir exactement ce que l’on percevra avant d’en avoir besoin est donc moins un luxe qu’une précaution élémentaire.
Comment sont calculées les indemnités journalières en portage salarial ?
Le consultant porté est rattaché au régime général de la Sécurité sociale, ce qui lui ouvre les mêmes droits qu’un salarié classique en cas d’arrêt maladie. Encore faut-il remplir les conditions d’ouverture : avoir travaillé au moins 150 heures sur les trois derniers mois, ou avoir perçu une rémunération équivalente à 1 015 fois le SMIC horaire sur les six mois précédant l’arrêt.
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La formule de calcul est simple en apparence. On additionne les salaires bruts des trois mois précédant l’arrêt, on divise par 91,25 jours pour obtenir le salaire journalier de base (SJB), puis on applique un taux de 50 %. Pour un consultant dont le brut moyen atteint 4 000 euros par mois, le SJB ressort à 131,51 euros, et l’IJSS brute à 65,76 euros par jour. Sauf que le nouveau plafond s’applique dès que la rémunération dépasse 2 522 euros brut mensuel : au-delà, l’indemnité est écrêtée à 41,95 euros par jour, quelle que soit la rémunération réelle. La CSG et la CRDS viennent encore rogner ce montant net.
C’est précisément pour anticiper cet écart entre revenu habituel et indemnisation réelle qu’un outil de simulation portage salarial prend tout son sens : en partant de son TJM et de son volume de jours facturés, on peut reconstituer son salaire brut de référence et estimer précisément ses droits.
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Démarches, délais et rôle de la société de portage
Sur le plan pratique, le fonctionnement est similaire à celui d’un salarié en entreprise. Dès qu’un médecin prescrit un arrêt, le consultant doit transmettre l’exemplaire destiné à son employeur — c’est-à-dire la société de portage — dans les 48 heures. Un retard peut entraîner une réduction, voire une suppression temporaire des indemnités. La société de portage établit ensuite une attestation de salaire transmise à la CPAM, document clé pour déclencher le versement des IJSS.
Depuis le 1er juillet 2025, la prescription d’un arrêt de travail sous format papier doit obligatoirement s’appuyer sur un formulaire Cerfa sécurisé. La CPAM n’accepte plus les scans ni les photocopies. Un point de procédure à ne pas négliger si votre médecin prescrit encore des arrêts papier. Les IJSS sont versées à partir du 4ᵉ jour d’arrêt, les trois premiers jours constituant le délai de carence non remboursé par la Sécurité sociale.
Ce délai de carence peut être réduit par un contrat de prévoyance collectif, que les sociétés de portage ont l’obligation de proposer depuis 2016. Mais les niveaux de couverture varient sensiblement d’une structure à l’autre : c’est un critère à examiner attentivement au moment de choisir sa société de portage, d’autant plus depuis l’abaissement du plafond IJSS.
Portage salarial et protection maladie : un avantage structurel à ne pas sous-estimer
Comparé au statut de micro-entrepreneur, le portage salarial offre une couverture maladie bien plus solide. Le micro-entrepreneur cotise au régime des travailleurs indépendants, sans droit au chômage et avec une protection maladie réduite. Le consultant porté, lui, cotise au régime général dès le premier euro perçu, ce qui lui garantit un accès aux IJSS dans les mêmes conditions qu’un salarié.
Reste que, avec un plafond d’indemnisation fixé à 41,95 euros par jour, un arrêt maladie représente forcément une perte de revenus significative pour un consultant habitué à facturer plusieurs centaines d’euros par jour. Anticiper ce risque, notamment en vérifiant sa couverture prévoyance et en simulant ses droits à l’avance, permet de ne pas se retrouver pris de court. Pour aller plus loin sur les questions de gestion de carrière en indépendant, le blog PM propose d’autres ressources utiles sur le sujet.

