Chaussures de sécurité au travail : ce que tout employeur doit savoir en 2026

En France, la sécurité au travail reste un enjeu quotidien : en 2024, l’Assurance maladie a recensé 764 décès liés aux accidents du travail, soit cinq de plus qu’en 2023. Parmi les leviers de prévention les plus concrets, le port de chaussures de sécurité occupe une place centrale dans de nombreux secteurs. Ce n’est pas seulement une question de conformité réglementaire, c’est aussi un signal fort envoyé aux équipes terrain.

Une obligation légale déclenchée par l’évaluation des risques

Le port d’une chaussure de sécurité n’est pas automatiquement obligatoire dans toutes les entreprises : c’est l’évaluation des risques professionnels, formalisée dans le Document Unique (DUER), qui déclenche l’obligation. Dès lors qu’un risque est identifié, les articles R.4321-1 à R.4321-4 du Code du travail s’appliquent : l’employeur doit fournir gratuitement les équipements de protection individuelle adaptés, informer les salariés sur leur utilisation et renouveler les équipements usagés.

Les secteurs les plus concernés restent le BTP, la logistique, l’industrie manufacturière, l’agroalimentaire et la métallurgie, mais l’obligation peut toucher n’importe quelle entreprise selon les risques propres à son activité. Du côté des salariés, refuser de porter les EPI fournis expose à des sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’au licenciement pour faute grave. 

La norme EN ISO 20345:2022 : une mise à jour qui change la donne

Depuis la fin de la période de transition en 2024, toutes les chaussures de sécurité neuves commercialisées en Europe doivent respecter la norme EN ISO 20345:2022. Les anciens modèles certifiés sous la version 2011 ne peuvent plus être mis sur le marché. Pour les entreprises qui renouvellent leurs stocks en 2025-2026, vérifier la conformité à cette version actualisée est indispensable.

L’une des évolutions les plus notables : le test d’antidérapance sur sol céramique mouillé, auparavant optionnel, est désormais intégré comme critère de base obligatoire. La norme renforce aussi les exigences en matière de respirabilité et d’ergonomie, une évolution qui répond à une réalité terrain : des chaussures inconfortables sont souvent moins portées, ce qui réduit leur efficacité protectrice.

Un investissement RH autant qu’une exigence réglementaire

Au-delà du cadre légal, équiper correctement ses équipes en EPI contribue directement à la performance globale de l’entreprise. Moins d’accidents, c’est moins d’absentéisme, moins de coûts liés aux cotisations AT/MP et moins de risques contentieux. Les fabricants l’ont bien compris : les chaussures de sécurité actuelles intègrent des matériaux éco-conçus (fibres recyclées, biomatériaux) et des designs proches des sneakers professionnels pour favoriser l’adhésion des salariés.

La gestion des EPI tend aussi à se digitaliser, avec des outils de suivi de conformité et de renouvellement automatisé qui facilitent le travail des équipes RH et HSE. Traiter la chaussure de sécurité comme un simple équipement obligatoire serait passer à côté d’un vrai levier de management de la prévention.

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